Depuis son apparition en décembre 2019 sur un marché de Wuhan, le coronavirus, rebaptisé Covid-19, a infecté plus de 40 000 personnes dans le monde et fait plus de 1 000 morts. Les informations sur la maladie liée au virus s’accumulent. Si l’épidémie impacte directement la santé des humains, il affecte l’industrie à l’échelle mondiale avec l’arrêt de nombreuses chaînes de production, mais aussi la restauration et l’hôtellerie.
La Chine comptait 150 millions de départs à l’étranger en 2018 selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT). Mais depuis la propagation du virus, le pays le plus peuplé de la planète, a déconseillé à ses ressortissants de se rendre à l’étranger avant de simplement suspendre plusieurs vols internationaux.
Un impact considérable puisque la France est la première destination européenne des touristes chinois (2,2 millions en 2018). Paris Île-de-France constitue la destination unique du séjour pour plus de la moitié des visiteurs (52,4 %). On attendait 2,4 millions de touristes pour 2019. “Ils consomment plus de 4 milliards d'euros pendant leur séjour en France", précise Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du Voyage. Le poids des touristes chinois dans les flux touristiques est colossal, décuplant significativement l’impact économique pour l'hôtellerie restauration. Moins de séjours et donc moins de clients : le chiffre d’affaires de l'hôtellerie sur le mois de janvier est en baisse. Dans le même temps, les commerces asiatiques installés en France subissent une méfiance et voient eux-aussi leurs chiffres d’affaires reculer.

Coronavirus restauration-impact-effets-tourisme-restaurants-hotels-communication-influenceurs-agence-avionSuspensions de vols (Shangai, Pékin, Wuhan), séjours décommandés, désertions des restaurants, préjugés envers la communauté asiatique et notamment chinoise : comment le secteur du CHR (Café Hôtel Restaurants) affronte cette épidémie internationale ? 

I) Des conséquences économiques pour le tourisme français

En 2018, les touristes chinois ont consommé plus de 4 milliards d'euros dans l’hexagone. Cela représente 7 % de la consommation touristique globale en France.
Un manque à gagner évident du côté de l’hôtellerie 

Plus de 9 séjours sur 10 ont lieu en hébergements marchands. Le principal type de logement réservé est l’hôtel à 75,6 % (49,1 % en 3 étoiles et 43,6 % en haut de gamme). 

Avec l’importante propagation du virus, “le taux d’annulations a atteint 80 % en janvier et près de 100 % en février pour la clientèle chinoise en groupes” révèle Jean-Virgile Crance, président du Groupement National des Chaînes Hôtelières (GNC).
Une première pour les hôtels de Paris Île-de-France qui commencent à pâtir du virus. Selon Didier Arino, directeur du cabinet Protourisme “il y a des chances que la situation perdure jusqu’en juillet, ce qui se traduirait par au moins un million de visiteurs chinois”. Un état des lieux inquiétant puisque “pour certains établissements, cela peut représenter jusqu'à un tiers du chiffre d'affaires parce qu'ils ont développé de façon importante une activité avec cette clientèle"

Ainsi, l’impact financier sur l'hôtellerie “pourrait s’élever à plus d’un milliard d’euros en moins de recettes directes”, indique Jean-Virgile Crance. À court terme, le GNC recommande “d’assouplir les conditions commerciales vis-à-vis de ces clients” en imposant aucun frais pour l’annulation ou le report de leur voyage.

Un contrecoup inattendu qui se répand aussi dans le secteur de la restauration. Selon l’Office du Tourisme et des Congrès, 56,3 % des touristes se consacrent à la découverte de la gastronomie française. L’annulation de leurs voyages engendre une baisse de chiffre d’affaires pour les restaurants.

Un double impact sur la restauration 

Les établissements traditionnels français, salués par les guides touristiques et blogs de voyage ont en effet perdu une partie de leur clientèle depuis la crise du coronavirus. Déjà affaiblis par les manifestations des gilets jaunes, puis par les grèves de décembre, ils peinent à reprendre un rythme d’affaires durable.

La désertion de la clientèle chinoise et française au sein de restaurants asiatiques pousse les sites de livraison tel que Uber Eat à proposer des réductions à ses clients.

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En effet, les établissements chinois en France accusent une baisse de fréquentation “Il y a eu une diminution du nombre de clients ces derniers jours, environ 40 %. [...] Mais, en ce moment, il n'y a plus personne à 21h30", affirme Chee-Minh Chow, cuisinier au restaurant Fleurs de Mai. 

II) Une méfiance à l’égard des restaurants chinois et par extension asiatiques

Le 25 janvier 2020, date de lancement du Nouvel an chinois et synonyme de festivité, a été reportée au printemps. Pour les restaurants qui réalisent pendant cette période une large partie de leur chiffre d’affaires à l’année, cette désertion a un impact économique majeur. En témoigne Pascal Corlier, gérant d’un restaurant vietnamien dans le 13e arrondissement qui a perdu 40 % de son chiffre d’affaires en plein Nouvel An chinois.

Entre phobie de la clientèle occidentale liée à l’idée d’une contamination et psychose de la communauté chinoise, la restauration accuse le coup en ce début d’année 2020. 

Des préjugés infondés pénalisent les établissements

Depuis le début de l’épidémie venue de Chine, les Français boycottent les produits chinois à commencer par les restaurants. Des idées reçues à la paranoïa autour du Covid-19, la désaffection des restaurants asiatiques bat son plein. Le restaurant chinois toulousains “Chez Riz” a perdu plus de 35 % de son chiffre d’affaires selon son gérant Monsieur Diao.
La communauté japonaise se plaint elle aussi de racisme à son encontre. Récemment, le restaurant japonais Yuki, situé à Boulogne-Billancourt, a retrouvé sa devanture vandalisée par le tag “Coronavirus, dégage”.

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Les restaurants chinois du quartier de Belleville ont quant à eux été désertés, de peur d'une contamination au virus, pourtant impossible par la nourriture. Cependant, le plus surprenant vient de la part de la communauté chinoise elle-même, qui se confine chez elle : “les Chinois se mettent en quarantaine, ils ne sortent plus, ils s'enferment chez eux, ils subissent les informations venues de Chine", explique le restaurateur Alexandre Xu, propriétaire du WenZhou

Des restaurateurs asiatiques solidaires

Ces restaurateurs pris pour cible prennent la parole dans les médias à travers la presse, la radio ou les interviews à la télévision. Baoyan Zhao, à la tête de trois restaurants chinois (La Taverne de Zhao, Mr Zhao, Little Zhao) critiqué et insulté sur les réseaux sociaux a ainsi pris la parole au micro de Jean Jacques Bourdin afin de lutter contre le racisme. Xénophobie, méfiance ou ignorance ont provoqué une diminution de 60 % de son chiffre d’affaires.

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Les réseaux sociaux offrent aussi une tribune efficace pour sensibiliser et battre en brèche les idées reçues. Joohee, une particulière victime de ces préjugés, à créer le hashtag #JeNeSuisPasUnVirus sur Twitter pour dénoncer cette montée du racisme. 

Ce # permet à toutes les personnes victimes de cette vague de discrimination de recenser les différentes formes de racisme affichées visant les Asiatiques. Repris sur Instagram par plusieurs chefs, notamment @yannouze, le mouvement #JeNeSuisPasUnVirus veut mettre fin à la désinformation et soutenir les commerçants/restaurateurs asiatiques.

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III) Comment limiter les effets économiques du virus sur l’hôtellerie et la restauration ?

Renforcer son ancrage local surtout pour l’hôtellerie

Au-delà de la baisse de touristes asiatiques en France, la concurrence d’Airbnb et d’autres alternatives d’hébergement affaiblit déjà l’hôtellerie depuis quelques années. Une des solutions ? Renforcer son ancrage local pour réaliser du chiffre d’affaires avec des personnes proches. Staycation en proposant des nuits d’hôtel le dimanche soir à prix cassé offre par exemple une alternative aux hôteliers de toucher des clients qui ne seraient pas venus autrement. 

L’offre F&B (Food & Beverage) permet aussi de saisir de très belles opportunités. Nous avions étudié le potentiel porté sur la restauration hôtelière dans une infographie. Ces concepts trendy permettent de se réinventer tout en étant rentable. Qu’il s’agisse de la restauration classique, des brunchs ou tea time, les hôtels ont tous les atouts pour bénéficier d’un ancrage local, rentable et durable. 

Éduquer et mobiliser sur les réseaux sociaux

À travers leurs propres réseaux sociaux, les restaurateurs asiatiques et plus particulièrement chinois essayent de rassembler et de sensibiliser leurs clients par des messages de soutien.  Avec du contenu propre à leurs établissements, ces derniers engagent leur communauté et désamorcent ce sujet pour le moins touchy. À l’image du restaurant Petit Baho, qui libère la parole et propage la bonne information.

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Avoir recours aux influenceurs permet aux restaurateurs de rassurer tout en communiquant sur leurs produits. Grâce au jeu concours promu par no_diet_club, le restaurant aux spécialités Hong Kongaise Panda Panda incite à la consommation et rompt la vague de panique soulevée par la propagation de ce virus. 

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En bref

L'industrie touristique, déjà affectée par les Gilets jaunes et les grèves, est frappée de plein fouet. Le Covid-19 impacte quant à lui brusquement le secteur de l'hôtellerie restauration. Pour pallier cette baisse de fréquentation des solutions axées sur la communication et des offres promotionnelles peuvent être mises en place. Une période compliquée, certes, mais qui tend à s'essouffler par la prise de conscience des Français et de la communauté asiatique sur cette épidémie virale. 

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Clément Lhuillery